Je ne savais ce que c'était, mais ça s'approchait de moi. De petits craquements de feuilles mortes me firent sursauter. Je me retournai vivement, mais je ne vis rien. je sentis l'angoisse monter en moi ; un petit cri sorti tout seul de ma gorge. Je voulus reculer, mais je trébuchai sur une branche. Je me retrouvai assise sur le sol trempé. L'air devint pesant ; quelque chose me frôla. J'eus beau regarder de tout côté, la chose resta invisible. C'était tout près, j'entendais sa respiration puissante. Si seulement Laurence pouvait être là ! Des griffes noires me bouchèrent la vue. Je sombrai.
Je le cherchai vainement des yeux. Il n'était pas là... Pourtant j'avais vraiment envie de lui parler !
Justine : Kimberley ! Tu m'écoutes ?!
Moi : Oui oui...
Elle continua son discours... Sa mère avait osé ne pas lui offrir une robe ! En plus, elle n'était pas très chère, seulement 399 $ ! Ces préoccupations essentielles qui d'habitude m'aurait intéressées me passaient aujourd'hui largement au-dessus de la tête. Je ne pensais qu'à ça. Tout le temps, dès que je ferme les yeux... Je le vois, à la lisière de la forêt, le regard tourné vers moi. J'en étais sûre, Laurence Kilm était bien là hier soir, et il fallait que je m'explique avec lui.
Justine : Tiens, Kilm n'est pas-là aujourd'hui...
Je lui lançai un regard noir.
Moi : LAURENCE !
Justine : Oh, excuse-moi. Dis donc ça n'a pas l'air d'aller fort toi...
Moi : Je... n'ai vraiment pas bien dormi.
Justine : T'as passé toute la nuit a élaboré ton plan-drague ?
Moi : Oui, c'est ça.
Comment pourrais-je lui dire ce qui m'avait fait passer une nuit blanche, ce qui m'obsédait à en devenir folle ? Non, elle ne me croirait jamais ! Personne ne va jamais à la forêt de Brinswick, on sait qu'elle est dangereuse ! Et puis, s'il était vraiment là-bas, j'aurais retrouvé des traces ! Il était bien plus facile de penser que j'avais eu une vision.
Je me l'étais jurée : j'irais voir Laurence après les cours. Je savais où il habitait.
Jake : Hey les filles ! Je peux m'asseoir ?
OOooh non pas lui !! Pourquoi rendre cette journée encore plus mauvaise ?
Moi : Nan, dégage.
Justine : Si si vas-y ! Excuse la elle est de mauvais poil.
Jake Blown était un des garçons que je détestai le plus au lycée. Il faisait partie de l'équipe de Football américain de l'école, et, à ce titre, toutes les filles étaient à ses pieds. Il avait ce physique de série télévisée qui font baver d'envie la gente féminine : grand, brun au yeux verts, et surtout très athlétique. Il était beau, et il le savait. C'était une vraie tête à claque, un garçon qui a oublié la modestie chez lui. Je ne pouvais pas le supporter. Certains disent que s'est mon équivalent masculin, mais je suis sûre que c'est faux ! Comment pourrais-je lui ressembler ?! Il voulait sortir avec moi depuis plus de deux ans, mais je le rembarrai toujours. Il avait ce physique brute que je n'aimais pas. Toute comparaison avec les traits fins et délicats était impossible.
Justine : Kimberley ?! Jake te demande quelle matière tu as après !
Moi : Dis à ce gros porc de me lâcher.
Mon ton était dédaigneux. La brute fière était vexée jusqu'au trognon et détourna le regard. Je croquai dans ma pomme tout en réfléchissant.
Jake : Il a fait fort le nouveau ! Dès le deuxième il n'est pas là ! Encore un glandu de première...
Moi : Retire ce que tu viens de dire !
J'avais crier. Tous le réfectoire se tourna vers moi. Mes yeux regardaient le footballeur avec fureur.
Jake : Kim...
Il posa sa grosse patte sur mon épaule. Je me libérai brusquement.
Moi : Ne me touche PAS ! Et puisque tu ne veux pas partir, et bien c'est qui qui dégage !
Je pris mon plateau et parti de la cantine, rageuse. Justine courra après moi.
Justine : Attends moi ! Je suis désolée ! Je...
Sa voix fut coupée lorsque je sortis dehors.. Elle ne me suivit plus. Justine savait qu'elle avait certainement perdu sa place de meilleure amie. Elle n'avait qu'à réfléchir ! Mes doigts fouillèrent dans mon sac et quête d'une cigarette. Je l'allumai, toujours aussi énervée. La fumée arrivant dans ma gorge me calma aussitôt. Je devais avoir Chimie, mais je n'avais aucune envie de me rendre à ce cours. Je voulais juste dormir. Je cherchai un petit coin tranquille où je pourrais me reposer, et je vis un petit coin de verdure à la lisière du parc de l'école. Je m'y rendis et m'allongeai dans l'herbe, un sourire étirant soudain mes lèvres. Je m'endormis presque aussitôt, mes tracas me laissant pour une fois seule avec moi-même.
Je dus sommeiller longtemps ainsi car lorsque je regardai ma montre, il était déjà 15h. Il ne restai plus qu'une heure de cours, il ne servait plus à rien d'y aller maintenant. Je sortis de l'établissement et pris la direction de la maison de Laurence. Je longeai l'église, passa près de la mairie de la ville et finis dans une petite rue : Longway Sreet. Le numéro 6 était une grande batisse, visiblement assez vieille, qui s'étirait sur plusieurs étages. Je ne suis dire pourquoi, mais en un certain point, elle ressemblait à son beau propriétaire. Peut être une imposante présence en commun ?
Je m'arrêtai, la main sur la sonnette. Et si j'avais bel et bien imaginé de le voir là-bas, comment allait-il réagir ? Il me prendrait pour une folle qui le voit partout ! Je dissipai mes doutes : je me l'étais juré, il fallait que je m'explique avec lui. La cloche tinta et résonna partout dans la maison. J'entendis des pas pressés.
Laurence : Qui est-ce ?
Moi : C'est moi, Kimberley Faure ! J'ai besoin de te parler !
Laurence : Voyez-vous ça.
Je ne fus pas sûre de comprendre distinctement la dernière phrase tant elle me parut étrange. J'entendis le bruit d'un verrou et la porte s'ouvrit. Il était bien là. Je restai pétrifiée devant sa beauté sans pareille : ses beaux cheveux blonds étaient légèrement remués par le vent, sa bouche affichait un mince sourire amusée, dévoilant des dents extra-blanches. C'était un mannequin, comme ceux qu'on voit dans les pub Abercrombie & Fitch...
Laurence : Tu veux ?
Moi : Euh... on peut s'asseoir ? C'est un peu long.
Laurence : Oh oui oui, biens sûr ! Voilà que j'oublie les codes de la politesse !
Il me fit un petit clin d'½il, ce qui me pétrifia sur place. Je n'avais jamais été autant gênée avec un garçon... C'était une grande première !
Laurence : Tu veux quelque chose ? Thé, café, jus de fruit, eau gazeuse ?
Moi : Non c'est bon merci.
Je m'assis sur un des fauteuils style baroque de Laurence. Il me rejoint et se plaça juste en face de moi, ses yeux semblaient me transpercer.
Laurence : Alors ? Quelle est donc cette chose si importante qui t'a même fait rater la fin des cours ?
Moi : Je euh... en fait c'est...
Comment tourner ça....
Moi : Je me suis peut être trompée, mais je crois t'avoir aperçu hier. Dans la forêt de Brinswick.
Laurence : Dans la forêt ?! Je ne connais pas encore vraiment cette ville mais elle n'est pas censée être dangereuse suite au bombardement de la guerre de Sécession ?
Moi : Si mais je suis sûre de t'y avoir vu ! Près de la route 42, qui va vers Pringstown !
Son visage se fendit peu à peu d'un grand sourire moqueur.
Laurence : Donc, si je comprends bien, tu m'y a vu hier soir à ... ?
Moi : Vers 17h.
Laurence : Je vois...Tu me vois partout alors Kim !
Exactement ce que je craignais.
Laurence : Désolé de détruire ton... fantasme mais je n'y étais pas. J'avais ma leçon de piano chez moi. Le professeur pourra te le confirmer ainsi que...
Moi : Ok ok, je me suis trompée...
J'affichai une mine déconfite. Je passai vraiment pour une fille ridicule là... Devant mon expression triste, il s'approcha de moi, lentement, très lentement.
C'est pas grave tu sais. C'est plutôt mignon.
Je rougis illico-presto. Il rit de bon c½ur. Je me levai et me préparai à partir.
Moi : Il faut que j'y aille, j'ai pas mal de boulot.
Il redevint sérieux et me fixa avec une intensité dérangeante.
Laurence : J'espère que je n'ai pas été vexant ?
Moi : Non, non pas du tout, t'inquiète pas.
Laurence : Tu me rassures.
Il me conduit à la porte et l'ouvrit. Laurence se pencha vers mon cou avant de poser un bisou sur ma joue. Il resta ainsi longtemps les lèvres sur mon visage, et s'était très gênant. Enfin, il se détacha et sourit.
Laurence : Ton parfum sent très bon.
Moi : Mmm--mer--ci.
Je tournai les talons et sorti, mais il retint ma manche.
Laurence : Après tout, Kimberley, tu as peut être raison ! Qui sait...
Il referma la porte, me laissant dans un tourment encore plus grand qu'en rentrant.
Et voici le deuxième chapitre ! Il est un peu bizarre, je vous l'accorde. Mais au fond, c'est cette fiction qui est bizarre ^^.
Vous en pensez quoi ?
Venez me noter ici !!!
Bisous à tous. La suite prochainement.
DIS MOI !